As-tu vu les memoires de Frederic Mistral, son livre est en ligne!Frederic Mistral est ecrivain celebre qui a etudie et vecu un temps a Aix en Provence, il etait un poete celebre, un fervent defenseur de la culture de la langue en provence, vous pouvez le lire gratuitement, ces recits sont entrés dans le domaine public je n'ai pas de droit d'auteur a payer, habitant la provence aujourd'hui j'ai le plaisir de l editer sur ces pages web electronique et peut etre vous le faire connaitre et j'espere apprecier, bonne lecture!Titre du livre: Mes origines, memoires et recits de Frederic MistralChapitre 1. — Page precedente — — Page suivante — Maintenant, mon beau gars, moi j'ai fait mon devoir. Tu en sais beaucoup plus que ce qu'on m'en a appris... C'est a toi de choisir la voie qui te convient: je te laisse libre. Grand merci! repondis-je. Et la meme, a cette heure, j'avais mes vingt et un ans, le pied sur le seuil du Mas paternel, les yeux vers les Alpilles, en moi et de moi-meme, je pris la resolution: premierement, de relever, de raviver en Provence le sentiment de race que je voyais s'annihiler sous l'education fausse et antinaturelle de toutes les ecoles; secondement, de provoquer cette resurrection par la restauration de la langue naturelle et historique du pays, a laquelle les ecoles font toutes une guerre a mort; troisiemement, de rendre la vogue au provencal par l'influx et la flamme de la divine poesie. Tout cela, vaguement, bourdonnait en mon ame; mais je le sentais comme je vous dis. Et plein de ce remous, de ce bouillonnement de seve provencale, qui me gonflait le coeur, libre d'inclination envers toute maitrise ou influence litteraire, fort de l'independance qui me donnait des ailes, assure que plus rien ne viendrait me deranger, un soir, par les semailles, a la vue des laboureurs qui suivaient la charrue dans la raie, j'entamai, gloire a Dieu! le premier chant de _Mireille_. Ce poeme, enfant d'amour, fit son eclosion paisible, peu a peu, a loisir, au souffle du vent large, a la chaleur du soleil ou aux rafales du mistral, en meme temps que je prenais la surveillance de la ferme, sous la direction de mon pere qui, a quatre-vingts ans, etait devenu aveugle. Me plaire a moi, d'abord, puis a quelques amis de ma premiere jeunesse, comme je l'ai rappele dans un des chants de _Mireille_: _O doux amis de ma jeunesse, Aerez mon chemin de votre sainte haleine_, c'etait tout ce que je voulais. Nous ne pensions pas a Paris, dans ces temps d'innocence. Pourvu qu'Arles que j ‘avais a mon horizon, comme Virgile avait Mantoue reconnut, un jour, sa poesie dans la mienne, c'etait mon ambition lointaine. Voila pourquoi, songeant aux campagnards de Crau et de Camargue, je pouvais dire: _Nous ne chantons que pour vous, patres et gens des Mas_. De plan, en verite, je n'en avais qu'un a grands traits, et seulement dans ma tete. Voici: Je m'etais propose de faire naitre une passion entre deux beaux enfants de la nature provencale, de conditions differentes, puis de laisser a terre courir le peloton, comme dans l'imprevu de la vie reelle, au gre des vents! Chapitre 1. —
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