As-tu vu les memoires de Frederic Mistral, son livre est en ligne!Frederic Mistral est ecrivain celebre qui a etudie et vecu un temps a Aix en Provence, il etait un poete celebre, un fervent defenseur de la culture de la langue en provence, vous pouvez le lire gratuitement, ces recits sont entrés dans le domaine public je n'ai pas de droit d'auteur a payer, habitant la provence aujourd'hui j'ai le plaisir de l editer sur ces pages web electronique et peut etre vous le faire connaitre et j'espere apprecier, bonne lecture!Titre du livre: Mes origines, memoires et recits de Frederic MistralChapitre 1. — Page precedente — — Page suivante — Vous parlez de quelques annees! Ah! messieurs, je vous parle de l'epoque du roulage, avant, que les mangeurs, avec leurs chemins de fer, nous eussent tous ruines. Je vous parle, moi, de quand la foire de Beaucaire etait dans sa splendeur, de quand la premiere tartane qui arrivait a la foire gagnait la prime du mouton dont la peau etait pendue par les mariniers vainqueurs au bout du grand mat du navire; je vous parle, moi, de quand les chevaux de halage etaient insuffisants pour remonter sur le Rhone les monceaux de marchandises qui a Beaucaire se vendaient, et du temps ou les charretiers, vous ne vous en souvenez pas, vous qui etes jeunes, les rouliers, les voituriers, qui baffaient les grandes routes et s'en croyaient les maitres, faisaient claquer leur fouet de Marseille a Paris et de Paris a Lille en Flandre! Et Lamouroux, une fois lance sur le chapitre du roulage, pendant qu'au clair de lune sa bete cheminait tout doux, nous en tint de taille jusqu'au lever du soleil. Ah! disait-il, il fallait voir, vers le Pont de Bon-Pas ou a la Viste de Marseille, sur ce grand chemin de vingt-quatre pas de large, il fallait voir ces files de charrettes chargees, de carrioles bachees, de haquets bien garrottes, lesquels se touchaient tous, ces rangees d'attelages superbes, equipages de trois, de quatre, de six betes, qui descendaient sur Marseille ou qui montaient sur Paris, charriant le ble, le vin, les poches d'avoine, les ballots de morues, les barils d'anchois ou les pains de savon, cahin-caha, bredi-breda, et a la garde de Dieu, comme disaient alors les lettres de voiture! Et quand nous traversions un village, messieurs, des tas de polissons se pendaient au barreau de la queue de la charrette et s'y faisaient trainasser, pendant que criaient les autres: "Derriere, derriere, charretier!" De loin en loin, le long de la route, il y avait pour le diner, pour le souper ou le coucher une auberge celebre avec sa belle hotesse au visage riant, avec sa grande cuisine et sa grande cheminee ou la broche tournait des porcs entiers sut les landiers, avec sa porte large ouverte, avec ses ecuries vastes comme des eglises, ou deux rangees de creches allaient se prolongeant et ou sur la muraille etait collee l'image coloriee de saint Eloi. Ces cabarets s'appelaient: la Graille (en francais la _Corneille_), Saint-Martin, le Lion- d'Or, le Cheval-Blanc, la Mule-Noire, le Chapeau-Rouge, la Belle-Hotesse, le Grand-Logis, que sais-je, moi? et il se parlait d'eux a cent lieues a l'entour. De loin en loin, le long de la route, il y avait des bourreliers qui mettaient en montre un collier neuf, des charrons qui au besoin pouvaient reparer les roues, des forgerons machures qui pour enseigne avaient un fer a cheval, de petits boutiquiers qui, derriere leurs vitres, exposaient des paquets de cordelette a fouet ainsi que des chapeaux de pipe; et de petites buvettes qui avaient devant leur porte un treillage blanchi par la poussiere du chemin ou venaient les charretiers siroter pour un sou leur goutte d'eau-de-vie. Chapitre 1. —
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