As-tu vu les memoires de Frederic Mistral, son livre est en ligne!Frederic Mistral est ecrivain celebre qui a etudie et vecu un temps a Aix en Provence, il etait un poete celebre, un fervent defenseur de la culture de la langue en provence, vous pouvez le lire gratuitement, ces recits sont entrés dans le domaine public je n'ai pas de droit d'auteur a payer, habitant la provence aujourd'hui j'ai le plaisir de l editer sur ces pages web electronique et peut etre vous le faire connaitre et j'espere apprecier, bonne lecture!Titre du livre: Mes origines, memoires et recits de Frederic MistralChapitre 1. — Page precedente — — Page suivante — Et quand j'avais les colimacons, une poignee dans chaque main: Maintenant, me faisait-il, avec les colimacons, tiens, empoigne les cornes du manche de la charrue. Et comme, moi credule, avec mes petits doigts, je prenais les mancherons, lui, pressant de ses doigts rudes mes deux mains pleines d'escargots qui s'ecrabouillaient dans ma chair: A present, me disait le valet de labour en riant aux eclats, tu pourras dire, petit, que tu as tenu la charrue! On m'en faisait, ma foi, de toutes les couleurs. C'est ainsi que, dans les fermes, on deniaise les enfants. Quelquefois, en venant de traire, notre berger Rouquet me criait: Viens, petit, boire a meme dans le _piau_. Le _piau_ est l'ustensile, de poterie ou de bois, dans lequel on trait le lait... Ah! quand je voyais le trayeur, suant, les bras trousses, sortir de la bergerie en portant a la main le vase a traire ecumant, plein de lait jusqu'aux bords, j'accourais, affriole, pour le humer tout chaud. Mais, sitot qu'a genoux je m'abreuvais a la "seille", paf! de sa grosse main, Rouquet m'y faisait plonger la tete jusqu'au cou; et, barbotant, aveugle, les cheveux et le museau ruisselants, ebouriffes, je courais, comme un jeune chien, me vautrer dans l'herbe et m'y essuyer, en jurant, a part moi, qu'on ne m'y attraperait plus... jusqu'a nouvelle attrape. Apres, c'etait un faucheur qui me disait: Petiot, j'ai trouve un nid, un nid de _frappe-talon_; veux-tu me faire la courte echelle? Je garderai la mere et tu auras les passereaux. Oh! coquin. Je partais, fou de joie, dans l'andain. Le vois-tu, me faisait l'homme, ce creux, en haut de ce gros saule; c'est la qu'est le nid... Allons, courbe-toi. Et je m'inclinais, la tete contre l'arbre, et alors, faisant mine de grimper sur mon dos, le farceur me battait l'echine du talon. C'est ainsi que commenca, au milieu des gouailleries de nos travailleurs des champs (et je n'an ai point regret), mon education d'enfance. Comme il etait gai, ce milieu de labeurs rustiques! Chaque saison renouvelait la serie des travaux. Les labours, les semailles, la tonte, la fauche, les vers a soie, les moissons, le depiquage, les vendanges et la cueillette des olives, deployaient a ma vue les actes majestueux de la vie agricole, eternellement dure, mais eternellement independante et calme. Chapitre 1. —
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