As-tu vu les memoires de Frederic Mistral, son livre est en ligne!Frederic Mistral est ecrivain celebre qui a etudie et vecu un temps a Aix en Provence, il etait un poete celebre, un fervent defenseur de la culture de la langue en provence, vous pouvez le lire gratuitement, ces recits sont entrés dans le domaine public je n'ai pas de droit d'auteur a payer, habitant la provence aujourd'hui j'ai le plaisir de l editer sur ces pages web electronique et peut etre vous le faire connaitre et j'espere apprecier, bonne lecture!Titre du livre: Mes origines, memoires et recits de Frederic MistralChapitre 1. — Page precedente — — Page suivante — Oui... D'ou es-tu? De Villeneuve, le pays des "lezards", pres d'Avignon. Et que sais-tu faire? Un peu tout. J'ai ete valet aux moulins a huile, muletier, carrier, garcon de labour, meunier, tondeur, faucheur lorsqu'il le faut, lutteur a l'occasion, emondeur de peupliers, un metier eleve! et meme cureur de puits, qui est le plus bas de tous. Et l'on t'appelle? Jean Roussiere, et Rousseyron (et Seyron pour abreger ). Combien veux-tu gagner? C'est pour mener les betes. Dans les quinze louis. Je te donne cent ecus. Va donc pour cent ecus! Voila comment je louai le laboureur Jean Roussiere, celui-la qui m'apprit l'air populaire de _Magali_: un luron jovial et taille en hercule, qui, la derniere annee que je passai au Mas, avec mon pere aveugle, dans les longues veillees de notre solitude savait me garder d'ennui, en bon vivant qu'il etait. Fin laboureur, il avait toujours aux levres quelque chanson joyeuse: _"L'araire est compose de trente et une pieces; celui qui l'inventa devait en savoir long! Pour sur, c'est quelque monsieur."_ Et naturellement adroit ou artiste, si l'on veut, quoi qu'il fit, soit le comble d'une meule de paille ou une pile de fumier, ou l'arrimage d'un chargement, il savait donner la ligne harmonieuse ou, comme on dit, le galbe. Seulement, il avait le defaut de son maitre: il aimait quelque peu a dormir et a faire la meridienne. Charmant causeur, du reste. Et il fallait l'entendre lorsqu'il parlait du temps ou, sur le chemin de halage, il conduisait les grands chevaux qui remorquaient, attachees l'une a l'autre, les gabares du Rhone, a Valence, a Lyon. Croyez-vous, disait-il, qu'a l'age de vingt ans, j'ai mene bravement le plus bel equipage des rivages du Rhone? Un equipage de quatre-vingts etalons, couples quatre par quatre, qui trainaient six bateaux! Que c'etait beau, pourtant, le matin, quand nous partions, sur les digues du grand fleuve, et que, silencieuse, cette flotte, lentement, remontait le cours de l'eau! Chapitre 1. —
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