As-tu vu les memoires de Frederic Mistral, son livre est en ligne!Frederic Mistral est ecrivain celebre qui a etudie et vecu un temps a Aix en Provence, il etait un poete celebre, un fervent defenseur de la culture de la langue en provence, vous pouvez le lire gratuitement, ces recits sont entrés dans le domaine public je n'ai pas de droit d'auteur a payer, habitant la provence aujourd'hui j'ai le plaisir de l editer sur ces pages web electronique et peut etre vous le faire connaitre et j'espere apprecier, bonne lecture!Titre du livre: Mes origines, memoires et recits de Frederic MistralChapitre 1. — Page precedente — — Page suivante — Une semaine apres, au retour du _service_, le partage se fit. Les denrees et les feurres, betes de trait, brebis, oiseaux de basse-cour, tout cela fut loti. Le mobilier, nos chers vieux meubles, les grands lits a quenouilles, le petrin a ferrures, le coffre du blutoir, les armoires cirees, la huche au pain sculptee, la table, le verrier, que, depuis ma naissance, j'avais vus a demeure autour de ces murailles; les douzaines d'assiettes, la faience fleurie, qui n'avait jamais quitte les etageres du dressoir; les draps de chanvre, que ma mere de sa main avait files; l'equipage agricole, les charrettes, les charrues, les harnais, les outils, ustensiles et objets divers, de toute sorte et de tout genre: tout cela deplace, transporte au dehors dans l'aire de la ferme, il fallut le voir diviser, en trois parts, a dire d'expert. Les domestiques, les serviteurs a l'annee ou au mois, l'un apres l'autre, s'en allerent. Et au Mas paternel, qui n'etait pas dans mon lot, il fallut dire adieu. Une apres-midi, avec ma mere, avec le chien, et Jean Roussiere, qui sur le camion, charriait notre part, nous vinmes, le coeur gros, habiter desormais la maison de Maillane qui, en partage, m'etait echue. Et maintenant, ami lecteur, tu peux comprendre la nostalgie de ce vers de _Mireille_: _Comme au Mas, comme au temps de mon pere, helas! helas! CHAPITRE XVI MIREILLE Adolphe Dumas a Maillane. Sa soeur Laure. Mon premier voyage a Paris. Lecture de _Mireille_ en manuscrit. La lettre de Dumas a la _Gazette de France_. Ma presentation a Lamartine. Le quarantaine "Entretien de litterature". Ma mere et l'etoile. L'annee suivante (1856) lors de la Sainte-Agathe, fete votive de Maillane, je recus la visite d'un poete de Paris que le hasard (ou, plutot, la bonne etoile des felibres) amena, a son heure, dans la maison de ma mere. C'etait Adolphe Dumas: une belle figure d'homme de cinquante ans, d'une paleur ascetique, cheveux longs et blanchissants, moustache brune avec barbiche, des yeux noirs pleins de flamme et, pour accompagner une voix retentissante, la main toujours en l'air dans un geste superbe. D'une taille elevee, mais boiteux et trainant une jambe percluse, lorsqu'il marchait, on aurait dit un cypres de Provence agite par le vent. C'est donc vous, monsieur Mistral, qui faites des vers provencaux? me dit-il tout d'abord et d'un ton goguenard, en me tendant la main. Oui, c'est moi, repondis-je, a vous servir, monsieur! Certainement, j'espere que vous pourrez me servir. Le ministre, celui de l'Instruction publique, M. Fortoul, de Digne, m'a donne la mission de venir ramasser les chants populaires de Provence, comme _le Mousse de Marseille, la Belle de Margoton, les Noces du Papillon_, et, si vous en saviez quelqu'un, je suis ici pour les recueillir. Chapitre 1. —
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