As-tu vu les memoires de Frederic Mistral, son livre est en ligne!Frederic Mistral est ecrivain celebre qui a etudie et vecu un temps a Aix en Provence, il etait un poete celebre, un fervent defenseur de la culture de la langue en provence, vous pouvez le lire gratuitement, ces recits sont entrés dans le domaine public je n'ai pas de droit d'auteur a payer, habitant la provence aujourd'hui j'ai le plaisir de l editer sur ces pages web electronique et peut etre vous le faire connaitre et j'espere apprecier, bonne lecture!Titre du livre: Mes origines, memoires et recits de Frederic MistralChapitre 1. — Page precedente — — Page suivante — Mon pere, dans sa vie, n'avait lu que trois livres: le _Nouveau Testament, l'Imitation_ et _Don Quichotte_ (lequel lui rappelait sa campagne d'Espagne et le distrayait, quand venait la pluie). Comme de notre temps les ecoles etaient rares, c'est un pauvre, nous disait-il, qui, passant par les fermes une fois par semaine, m'avait appris ma croix de par Dieu. Et le dimanche, apres les vepres, selon l'us et coutume des anciens peres de famille, il ecrivait ses affaires, ses comptes et depenses, avec ses reflexions, sur un grand memorial denomme _Cartabeou._ Lui, quelque temps qu'il fit, etait toujours content, et si, parfois, il entendait les gens se plaindre, soit des vents tempetueux, soit des pluies torrentielles: Bonnes gens! leur disait-il. Celui qui est la -haut sait fort bien ce qu'il fait, comme aussi ce qu'il nous faut... Eh! s'il ne soufflait jamais de ces grands vents qui degourdissent la Provence, qui dissiperait les brouillards et les vapeurs de nos marais? Et si, pareillement, nous n'avions jamais de grosses pluies, qui alimenteraient les puits, les fontaines, les rivieres? Il faut de tout, mes enfants. Bien que, le long du chemin, il ramassat une buchette pour l'apporter au foyer; bien qu'il se contentat, pour son humble ordinaire, de legumes et de pain bis; bien que, dans l'abondance, il fut sobre toujours et mit de l'eau dans son vin, toujours sa table etait ouverte, et sa main et sa bourse, pour tout pauvre venant. Puis, si l'on parlait de quelqu'un, il demandait, d'abord, s'il etait bon travailleur; et, si l'on repondait oui: Alors, c'est un brave homme, disait-il, je suis son ami. Fidele aux anciens usages, pour mon pere, la grande fete, c'etait la veillee de Noa«l. Ce jour-la, les laboureurs detelaient de bonne heure; ma mere leur donnait a chacun, dans une serviette, une belle galette a l'huile, une rouelle de nougat, une jointee de figues seches, un fromage du troupeau, une salade de celeri et une bouteille de vin cuit. Et qui de-ci, et qui de-la , les serviteurs s'en allaient, pour "poser la buche au feu", dans leur pays et dans leur maison. Au Mas ne demeuraient que les quelques pauvres heres qui n'avaient pas de famille; et, parfois des parents, quelque vieux garcon, par exemple, arrivaient a la nuit, en disant: Bonnes fetes! Nous venons poser, cousins, la buche au feu, avec vous autres. Tous ensemble, nous allions joyeusement chercher la "buche de Noa«l", qui c'etait de tradition devait etre un arbre fruitier. Nous l'apportions dans le Mas, tous a la file, le plus age la tenant d'un bout, moi, le dernier-ne, de l'autre; trois fois, nous lui faisions faire le tour de la cuisine; puis, arrives devant la dalle du foyer, mon pere, solennellement, repandait sur la buche un verre de vin cuit, en disant: Chapitre 1. —
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