As-tu vu les memoires de Frederic Mistral, son livre est en ligne!Frederic Mistral est ecrivain celebre qui a etudie et vecu un temps a Aix en Provence, il etait un poete celebre, un fervent defenseur de la culture de la langue en provence, vous pouvez le lire gratuitement, ces recits sont entrés dans le domaine public je n'ai pas de droit d'auteur a payer, habitant la provence aujourd'hui j'ai le plaisir de l editer sur ces pages web electronique et peut etre vous le faire connaitre et j'espere apprecier, bonne lecture!Titre du livre: Mes origines, memoires et recits de Frederic MistralChapitre 1. — Page precedente — — Page suivante — Et, en causant a ce propos, je lui chantai ma foi, l'aubade de _Magali_, toute fraiche arrangee pour le poeme de _Mireille_. Mon Adolphe Dumas, enleve,epate, s'ecria: Mais ou donc avez-vous peche cette perle? Elle fait partie, lui dis-je, d'un roman provencal (ou, plutot, d'un poeme provencal en douze chants) que je suis en train d'affiner. Oh! ces bons Provencaux! Vous voila bien toujours les memes, obstines a garder votre langue en haillons, comme les anes qui s'entetent a longer le bord des routes pour y brouter quelque chardon... C'est en francais, mon cher ami, c'est dans la langue de Paris que nous devons aujourd'hui, si nous voulons etre entendus, chanter notre Provence. Tenez! ecoutez ceci: _J'ai revu sur son roc, vieille, nue, appauvrie, La maison des parents, la premiere patrie, L'ombre du vieux murier, le banc de pierre etroit. Le nid que l'hirondelle avait au bord du toit, Et la treille, a present sur les murs egaree, Qui regrette son maitre et retombe eploree; Et, dans l'herbe et l'oubli qui poussent sur le seuil, J'ai fait pieusement agenouiller l'orgueil, J'ai rouvert la fenetre ou me vint la lumiere, Et j'ai rempli de chants la couche de ma mere_. Mais allons, dites-moi, puisque poeme il y a, dites-moi quelque chose de votre poeme provencal. Et je lui lus alors un morceau de _Mireille_, je ne me souviens plus lequel. Ah! si vous parlez comme cela, met fit Dumas apres ma lecture, je vous tire mon chapeau, et je salue la source d'une poesie neuve, d'une poesie indigene dont personne ne se doutait. Cela m'apprend, a moi, qui, depuis trente ans, ai quitte la Provence et qui croyais sa langue morte, cela m'apprend, cela me prouve qu'en dessous de ce _patois_ usite chez les farauds, les demi-bourgeois et les demi-dames existe une seconde langue, celle de Dante et de Petrarque. Mais suivez bien leur methode, qui n'a pas consiste, comme certains le croient, a employer tels quels, ni a fondre en macedoine les dialectes de Florence, de Bologne ou de Milan. Eux ont ramasse l'huile et en ont fait la langue qu'ils rendirent parfaite en la generalisant. Tout ce qui a precede les ecrivains latins du grand siecle d'Auguste, a l'exception de Terence, c'est le "Fumier d'Ennius". Du parler populaire ne prenez que la paille blanche avec le grain qui peut s'y trouver. Je suis persuade qu'avec le gout, la seve de votre juvenile ardeur, vous etes fait pour reussir. Et je vois deja poindre la renaissance d'une langue provignee du latin, et jolie et sonore comme le meilleur italien. Chapitre 1. —
Page precedente —
— Page suivante —
|