As-tu vu les memoires de Frederic Mistral, son livre est en ligne!Frederic Mistral est ecrivain celebre qui a etudie et vecu un temps a Aix en Provence, il etait un poete celebre, un fervent defenseur de la culture de la langue en provence, vous pouvez le lire gratuitement, ces recits sont entrés dans le domaine public je n'ai pas de droit d'auteur a payer, habitant la provence aujourd'hui j'ai le plaisir de l editer sur ces pages web electronique et peut etre vous le faire connaitre et j'espere apprecier, bonne lecture!Titre du livre: Mes origines, memoires et recits de Frederic MistralChapitre 1. — Page precedente — — Page suivante — Courses felibreennes avec Aubanel et Grivolas. L'ascension et la descente. Les gendarmes nous arretent. La fete de Montbrun. Le devineur de sources. Le cure de Monieux. La Nesque et les Bessons. Le maire de Methamis. Le charron de Venasque. Avec Theodore Aubanel, qui etait toujours dispos, pour organiser les courses, et notre camarade le peintre avignonnais Pierre Grivolas, qui etait de toutes nos fetes, voici comment nous fimes, un beau jour de septembre, l'ascension du mont Ventoux. Partis, vers minuit, du village de Bedoin, au pied de la montagne, nous atteignimes le sommet une demi-heure environ avant le lever du soleil. Je ne vous dirai rien de l'escalade, que nous fimes a l'aise, sur le bat de mulets que conduisaient des guides, a travers les rochers, escarpements et mamelons de la Combe-Fillole. Nous vimes le soleil surgir, tel qu'un superbe roi de gloire, d'entre les cimes eblouissantes des Alpes couvertes de neige, et l'ombre du Ventoux elargir, prolonger, la -bas dans l'etendue du Comtat Venaissin, par la -bas sur le Rhone et jusqu'au Languedoc, la triangulation de son immense cone. En meme temps, de grosses nues blanchatres et fuyantes roulaient au-dessous de nous, embrumant les vallees; et, si beau que fut le temps, il ne faisait pas chaud. Vers les neuf heures, mais, cette fois, a pied, avec les batons ferres et le havresac au dos, apres un leger dejeuner, nous primes la descente. Seulement, nous devalames par le cote oppose, c'est-a -dire par les Ubacs, ainsi qu'on nomme le versant nord de toutes nos montagnes et du Ventoux en particulier. Or, tellement est apre et tellement est raide ce revers du mont Ventoux, que le pere Laval raconte ce qui suit: Les montagnards qui, de son temps (au dix-huitieme siecle), le 14 septembre, montaient en pelerinage a la chapelle qui est en haut, redescendaient par les Ubacs, rien qu'en se laissant glisser, assis a croupetons sur une double planche de trois empans carres, qu'ils enrayaient soudain en plantant leur baton devant, lorsqu'elle allait trop vite ou qu'elle frolait un precipice. Ils descendaient par ce moyen dans moins d'une demi-heure; et il faut songer que le mont Ventoux a dix-neuf cent soixante metres d'altitude sur la mer! Desireux, nous aussi, de raccourcir notre descente, mais ignorant les chemins, nous allames nous fourvoyer dans une ravine ardue, la Loubatiere du Ventoux, si encombree de rocailles et si perilleuse aussi que, pour arriver en bas, nous mimes le jour entier. Chapitre 1. —
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