As-tu vu les memoires de Frederic Mistral, son livre est en ligne!Frederic Mistral est ecrivain celebre qui a etudie et vecu un temps a Aix en Provence, il etait un poete celebre, un fervent defenseur de la culture de la langue en provence, vous pouvez le lire gratuitement, ces recits sont entrés dans le domaine public je n'ai pas de droit d'auteur a payer, habitant la provence aujourd'hui j'ai le plaisir de l editer sur ces pages web electronique et peut etre vous le faire connaitre et j'espere apprecier, bonne lecture!Titre du livre: Mes origines, memoires et recits de Frederic MistralChapitre 1. — Page precedente — — Page suivante — Daudet, a cette epoque, etait secretaire du duc de Morny, secretaire honoraire, comme vous pouvez croire, car tout au plus si le jeune homme allait, une fois par mois, voir si le president du Senat, son patron, etait gaillard et de bonne humeur. Et sa vigne de cote, qui depuis a donne de si belles pressees, n'etait qu'a sa premiere feuille. Mais entre autres choses exquises, Daudet avait compose une poesie d'amour, piece toute mignonne, qui avait nom: _les Prunes_. Tout Paris la savait par coeur, et M. de Morny, l'ayant ouie dans son salon, s'etait fait presenter l'auteur, qui lui avait plu, et il l'avait pris en grace. Sans parler de son esprit qui levait la paille, comme on dit des pierres fines, Daudet etait joli garcon, brun, d'une paleur mate, avec des yeux noirs a longs cils qui battaient, une barbe naissante et une chevelure drue et luxuriante qui lui couvrait la nuque, tellement que le duc, chaque fois que l'auteur de la chanson des _Prunes_ lui rendait visite au Senat, lui disait, en lui touchant les cheveux de son doigt hautain: Eh bien! poete, cette perruque, quand la faisons-nous abattre? La semaine prochaine, monseigneur! en s'inclinant repondait le poete. Et ainsi, tous les mois, le grand duc de Morny faisait au petit Daudet la meme observation, et toujours le poete lui repondait la meme chose. Et le duc tomba plus tot que la criniere de Daudet. A cet age, devons-nous dire, le futur chroniqueur des aventures prodigieuses de _Tartarin de Tarascon_ etait deja un gaillard qui voyait courir le vent: impatient de tout connaitre, audacieux en boheme, franc et libre de langue, se lancant a la nage dans tout ce qui etait vie, lumiere, bruit et joie, et ne demandant qu'aventures. Il avait, comme on dit, du vif-argent dans les veines. Je me souviens d'un soir ou nous soupions au _Chene-Vert_, un plaisant cabaret des environs d' Avignons. Entendant la musique d'un bal qui se trouvait en contrebas de la terrasse ou nous etions attables, Daudet, soudainement, y sauta (je puis dire de neuf ou dix pieds de haut) et tomba, a travers les sarments d'un treille, au beau milieu des danseuses, qui le prirent pour un diable. Une autre fois, du haut du chemin qui passe au pied du Pont du Gard, il se jeta, sans savoir nager, dans la riviere du Gardon, pour voir, avait-il dit, s'il y avait beaucoup d'eau. Et, ma foi, sans un pecheur qui l'accrocha avec sa gaffe, mon pauvre Alphonse a coup sur, buvait bouillon de onze heures. Une autre fois, au pont qui conduit d'Avignon a l'ile de la Barthelasse, il grimpait follement sur le parapet mince et, y courant dessus au risque de culbuter, par la -bas, dans le Rhone, il criait, pour epater quelques bourgeois qui l'entendaient: Chapitre 1. —
Page precedente —
— Page suivante —
|