As-tu vu les memoires de Frederic Mistral, son livre est en ligne!Frederic Mistral est ecrivain celebre qui a etudie et vecu un temps a Aix en Provence, il etait un poete celebre, un fervent defenseur de la culture de la langue en provence, vous pouvez le lire gratuitement, ces recits sont entrés dans le domaine public je n'ai pas de droit d'auteur a payer, habitant la provence aujourd'hui j'ai le plaisir de l editer sur ces pages web electronique et peut etre vous le faire connaitre et j'espere apprecier, bonne lecture!Titre du livre: Mes origines, memoires et recits de Frederic MistralChapitre 1. — Page precedente — — Page suivante — Et la tete en arriere, fiers comme jeune coqs, en riant, en chantant, en courant a cloche-pied ou en faisant des glissades, nous allions devant nous sur le chemin blanchatre, balaye par le vent. Puis, le jour declinait. Le clocher de Maillane disparaissait derriere les arbres, derriere les grands cypres aux pointes noires; et la campagne, vaste et nue, s'epandait au lointain... Nous portions nos regards si loin que nous pouvions, a perte de vue, mais en vain! Rien ne se montrait a nous, hormis quelque faisceau d'epines emporte dans les chaumes par le vent. Comme les soirs d'hiver et de janvier, tout etait triste, souffreteux et muet. Quelquefois, cependant, nous rencontrions un berger qui, plie dans sa cape, venait de faire paitre ses brebis. Mais ou allez-vous, enfants si tard? Nous allons au-devant des Rois... Ne pourriez-vous pas nous dire s'ils sont encore bien loin? Ah! oui, les Rois? c'est vrai... Ils sont la derriere qui viennent; vous allez bientot les voir. Et de courir, et de courir, a la rencontre des Rois avec nos gateaux, nos petites galettes, et les poignees de foin pour les chameaux. Puis, le jour defaillait. Le soleil, obstrue par un nuage enorme, s'evanouissait peu a peu. Les babils folatres calmaient un brin. La bise fraichissait et les plus courageux marchaient en retenant. Tout a coup: Les voila ! Un cri de joie folle partait de toutes les bouches... et la magnificence de la pompe royale eblouissait nos yeux. Un rejaillissement, un triomphe de couleurs splendides, fastueuses, enflammait, embrasait la zone du couchant; de gros lambeaux de pourpre flamboyaient; et d'or et de rubis, une demi-couronne, dardant un cercle de long rayons au ciel, illuminait l'horizon. Les Rois! les Rois! voyez leur couronne! voyez leurs manteaux! voyez leurs drapeaux! et leur cavalerie et les chameaux qui viennent! Et nous demeurions ebaubis... Mais bientot cette splendeur, mais bientot cette gloire, derniere echappee du soleil couchant, se fondait, s'eteignait peu a peu dans les nues; et, penauds, bouche beante, dans la campagne sombre, nous nous trouvions tout seuls: Ou ont passe les Rois? Chapitre 1. —
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