As-tu vu les memoires de Frederic Mistral, son livre est en ligne!Frederic Mistral est ecrivain celebre qui a etudie et vecu un temps a Aix en Provence, il etait un poete celebre, un fervent defenseur de la culture de la langue en provence, vous pouvez le lire gratuitement, ces recits sont entrés dans le domaine public je n'ai pas de droit d'auteur a payer, habitant la provence aujourd'hui j'ai le plaisir de l editer sur ces pages web electronique et peut etre vous le faire connaitre et j'espere apprecier, bonne lecture!Titre du livre: Mes origines, memoires et recits de Frederic MistralChapitre 1. — Page precedente — — Page suivante — Derriere la montagne. La cheveche miaulait. La peur nous saisissait; et, dans le crepuscule, nous retournions confus, en grignotant les gateaux, les galettes et les figues, que nous apportions pour les Rois. Et quand nous arrivions, ensuite, a nos maisons: Eh bien! les avez-vous vu? nos meres nous disaient. Non, ils ont passe en dela , de l'autre cote de la montagne. Mais quel chemin avez-vous pris? Le Chemin Arlatan... Ah! mes pauvres agneaux! Les Rois ne viennent pas de la . C'est du Levant qu'ils viennent. Pardi, il vous fallait prendre le vieux Chemin de Rome... Ah! comme c'etait beau, si vous aviez vu, si vous aviez vu, lorsqu'ils sont entres dans Maillane! Les tambours, les trompettes, les pages, les chameaux, quel vacarme, bon Dieu!... Maintenant, ils sont a l'eglise, ou ils font leur adoration. Apres souper, vous irez les voir. Nous soupions vite, moi, chez ma mere-grand Nanan; puis, nous courions a l'eglise... Et, dans l'eglise pleine, des notre entree, l'orgue, accompagnant le chant de tout le peuple, entamait, lentement, puis deployait, formidable, le superbe noa«l: _Ce matin, J'ai rencontre le train De trois grands Rois qui allaient en voyage, Ce matin, J'ai rencontre le train De trois grands Rois dessus le grand chemin._ Nous autres, affoles, nous nous faufilions, entre les jupons des femmes, jusques a la chapelle de la Nativite, et la , suspendue sur l'autel, nous voyions la Belle Etoile! nous voyions les trois Rois Mages, en manteaux rouge, jaune, et bleu, qui saluaient l'Enfant Jesus: le roi Gaspard avec sa cassette d'or, le roi Melchior avec son encensoir et le roi Balthazar avec son vase de myrrhe! Nous admirions les charmants pages portant la queue de leurs manteaux trainants; puis, les chameaux bossus qui elevaient la tete sur l'ane et le boeuf; la Sainte Vierge et saint Joseph; puis, tout autour, sur une petite montagne en papier barbouille, les bergers, les bergeres, qui apportaient des fouaces, des paniers d'oeufs, des langes; le meunier, charge d'un sac de farine; la bonne vieille qui filait; l'ebahi qui admirait; le gagne-petit qui remoulait; l'hotelier ahuri qui ouvrait sa fenetre, et, bref, tous les _santons_ qui figurent a la Creche. Mais c'etait le _Roi Maure_ que nous regardions le plus. Chapitre 1. —
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