As-tu vu les memoires de Frederic Mistral, son livre est en ligne!Frederic Mistral est ecrivain celebre qui a etudie et vecu un temps a Aix en Provence, il etait un poete celebre, un fervent defenseur de la culture de la langue en provence, vous pouvez le lire gratuitement, ces recits sont entrés dans le domaine public je n'ai pas de droit d'auteur a payer, habitant la provence aujourd'hui j'ai le plaisir de l editer sur ces pages web electronique et peut etre vous le faire connaitre et j'espere apprecier, bonne lecture!Titre du livre: Mes origines, memoires et recits de Frederic MistralChapitre 1. — Page precedente — — Page suivante — "—- Fantastique, mon ami! tu me trieras, une par une, ces graines de pois gris. "Or, l'Esprit Fantastique, qui se complait aux minuties et qui aime que tout soit bien range en ordre, se mit, a ce qu'il parait, a trier les pois gris; et de vetiller, Dieu sait! car nous trouvames de petits tas un peu partout, dans le grenier... Mais (mon pere le savait) ce travail meticuleux a la fin l'ennuya, et il detala du fenil, et jamais nous ne le revimes. "Si! car, pour achever, moi, je le vis encore une fois. Imagine-toi qu'un jour (je pouvais avoir onze ans), je revenais du catechisme. Passant pres d'un peuplier, j'entendis rire a la cime de l'arbre : je leve la tete, je regarde, et tout en haut du peuplier, j'apercois l'Esprit Fantastique qui, en riant dans le feuillage, me faisait signe de grimper... Ah ! je te demande un peu! Pas pour un cent d'oignons je n'y aurais grimpe; je deguerpis comme une folle et depuis, c'a ete fini. "C'est egal, je t'assure que quand venait la nuit et qu'autour de la lampe on racontait de ces choses, nous ne risquions pas de sortir! Oh! pauvres petites, quelle frayeur! Puis, pourtant, nous devinmes grandes; arriva, comme on sait, le temps des amoureux; et alors, a la veillee, les garcons nous criaient : "-— Allons, venez, les filles! Nous ferons, a la lune, un tour de farandole. "-— Pas si sottes! repondions-nous. Si nous allions rencontrer l'Esprit Fantastique ou la Poule Blanche... "-— Ho! nigaudes, nous disaient-ils, vous ne voyez donc pas que ce sont la des contes de mere-grand l'aveugle! N'ayez pas peur, venez, nous vous tiendrons compagnie. "Et c'est ainsi que nous sortimes et, peu a peu, ma foi, en causant avec les gars, —- les garcons de cet age, tu sais, n'ont pas de bon sens, ils ne disent que des betises et vous font rire par foroe, —- peu a peu, peu a peu, nous n'eumes plus de peur... Et depuis lors, te dis-je, je n'ai plus oui parler de ces hantises de nuit. "Depuis lors, il est vrai, nous avons eu assez d'ouvrage pour nous oter l'ennui. Telle que tu me vois, j'ai eu, moi, onze enfants, que j'ai tous menes a bien, et, sans compter les miens, j'en ai nourri quatorze! "Ah! va, quand on n'est pas riche et qu'on a tant de marmaille, qu'il faut emmailloter, bercer, allaiter, ebrener, c'est un joli son de musette!" Chapitre 1. —
Page precedente —
— Page suivante —
|