As-tu vu les memoires de Frederic Mistral, son livre est en ligne!Frederic Mistral est ecrivain celebre qui a etudie et vecu un temps a Aix en Provence, il etait un poete celebre, un fervent defenseur de la culture de la langue en provence, vous pouvez le lire gratuitement, ces recits sont entrés dans le domaine public je n'ai pas de droit d'auteur a payer, habitant la provence aujourd'hui j'ai le plaisir de l editer sur ces pages web electronique et peut etre vous le faire connaitre et j'espere apprecier, bonne lecture!Titre du livre: Mes origines, memoires et recits de Frederic MistralChapitre 1. — Page precedente — — Page suivante — _Maillane est beau, Maillane plait et se fait beau de plus en plus; Maillane ne s'oublie jamais; il est l'honneur de la contree et tient son nom du mois de Mai. Que vous soyez a Paris ou a Rome, pauvres conscrits, rien ne vous charme; Maillane est pour vous sans pareil et vous aimeriez y manger une pomme que dans Paris un perdreau. Notre patrie n'a pour remparts que les grandes haies de cypres que Dieu fit tout expres pour elle; et quand se leve le mistral, il ne fait que branler le berceau. Tout le dimanche on fait l'amour; puis au travail, sans treve, s'il faut le lundi se ployer, nous buvons le vin de nos vignes, nous mangeons le pain de nos bles._ La vieille bastide ou je naquis, en face des Alpilles, touchant le Clos-Crema, avait nom le Mas du Juge, un tenement de quatre paires de betes de labour, avec son premier charretier, ses valets de charrue, son patre, sa servante (que nous appelions la _tante_) et plus ou moins d'hommes au mois, de journaliers ou journalieres, qui venaient aider au travail, soit pour les vers a soie, pour les sarclages, pour les foins, pour les moissons ou les vendanges, soit pour la saison des semailles ou celles de l'olivaison. Mes parents, des _menagers_, etaient de ces familles qui vivent sur leur bien, au labeur de la terre, d'une generation a l'autre! Les menagers, au pays d'Arles, forment une classe a part: sorte d'aristocratie qui fait la transition entre paysans et bourgeois, et qui comme toute autre, a son orgueil de caste. Car si le paysan, habitant du village, cultive de ses bras, avec la beche ou le hoyau, ses petits lopins de terre, le menager, agriculteur en grand, dans les _mas_ de Camargue, de Crau ou d'autre part, lui, travaille debout en chantant sa chanson, la main a la charrue. C'est bien ce que je dis dans les quelques couplets suivants, chantes aux noces de mon neveu: _Nous avons tenu la charrue avec assez d'honneur et conquis le terroir avec cet instrument. Nous avons fait du ble pour le pain de Noa«l et de la toile rousse pour nipper la maison. Tout chemin va a Rome: ne quittez donc pas le mas, et vous mangerez des pommes, puisque vous les aimez._ Mais si, parbleu, nous voulions hausser nos fenetres, comme le font tant d'autres, sans trop d'outrecuidance nous pourrions avancer que la gent mistralienne descend des Mistral dauphinois, devenus, par alliance, seigneurs de Montdragon et puis de Romanin. Le celebre pendentif qu'on montre a Valence est le tombeau de ces Mistral. Et, a Saint Rémy, nid de ma famille (car mon pere en sortait), on peut voir encore l'hotel des Mistral de Romanin, connu sous le nom de Palais de la Reine Jeanne. Chapitre 1. —
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