As-tu vu les memoires de Frederic Mistral, son livre est en ligne!Frederic Mistral est ecrivain celebre qui a etudie et vecu un temps a Aix en Provence, il etait un poete celebre, un fervent defenseur de la culture de la langue en provence, vous pouvez le lire gratuitement, ces recits sont entrés dans le domaine public je n'ai pas de droit d'auteur a payer, habitant la provence aujourd'hui j'ai le plaisir de l editer sur ces pages web electronique et peut etre vous le faire connaitre et j'espere apprecier, bonne lecture!Titre du livre: Mes origines, memoires et recits de Frederic MistralChapitre 1. — Page precedente — — Page suivante — Mais si c'est un _plantie_ d'hiver, il faut alors s'industrier... Parbleu, il est de petits droles qui, passant par les fermes ou ils ne sont pas connus, demandent l'hospitalite. Puis, s'ils peuvent, les fripons volent les oeufs aux poulaillers et meme les nichets, qu'ils boivent tout crus, avale! Mais les plus fiers et les hautains, ceux qui ont delaisse l'ecole et la famille, non tant par cagnardise que par soif d'independance ou pour quelque injustice qui les a blesses au coeur, ceux-la fuient l'homme et son habitation. Ils passent le jour, couches dans les bles, dans les fosses, dans les champs de mil, sous les ponts ou dans les huttes. Ils passent la nuit aux meules de paille ou bien dans les tas de foin. Vienne faim, ils mangent des mures (celles des haies, celles des chaumes), des prunelles, des amandes qu'on oublia sur l'arbre ou des grappillons de lambruche. Ils mangent le fruit de l'orme (qu'ils appellent du _pain blanc_), des oignons remontes, des poires d'etranguillon, des faines, et, s'il le faut, des glands. Tout le jour n'est qu'un jeu, tous les sauts sont des cabrioles... Qu'est-il besoin de camarades? Toutes les betes et bestioles la vous tiennent compagnie; vous comprenez ce qu'elles font, ce qu'elles disent, ce qu'elles pensent, et il semble qu'elles comprennent tout ce que vous leur dites. Prenez-vous une cigale? Vous regardez ses petits miroirs, vous la froissez dans la main pour la faire chanter, et puis vous la lachez avec une paille dans l'anus. Ou, couches le long d'un talus, voila une bete-a -Dieu qui vous grimpe sur le doigt? Vous lui chantez aussitot : _Coccinelle, vole! Va-t'en a l'ecole. Prends donc tes matines, Va a la doctrine..._ Et la bete-a -Dieu deployant ses ailes, vous dit en s'envolant : -— Vas-y toi-meme, a l'ecole. J'en sais assez pour moi. Une mante religieuse, agenouillee, vous regarde-t-elle? Vous l'interrogez ainsi : _Mante, toi qui sais tout, Ou est le loup?_ L'insecte etend la patte et vous montre la montagne. Vous decouvrez un lezard qui se chauffe au soleil? Vous lui adressez ces paroles : _Lezard, lezard, Defends-moi des serpents : Quand tu passeras vers ma maison Je te donnerai un grain de sel._ Chapitre 1. —
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