As-tu vu les memoires de Frederic Mistral, son livre est en ligne!Frederic Mistral est ecrivain celebre qui a etudie et vecu un temps a Aix en Provence, il etait un poete celebre, un fervent defenseur de la culture de la langue en provence, vous pouvez le lire gratuitement, ces recits sont entrés dans le domaine public je n'ai pas de droit d'auteur a payer, habitant la provence aujourd'hui j'ai le plaisir de l editer sur ces pages web electronique et peut etre vous le faire connaitre et j'espere apprecier, bonne lecture!Titre du livre: Mes origines, memoires et recits de Frederic MistralChapitre 1. — Page precedente — — Page suivante — Mettez-moi dans le tonneau, repondis-je d'un air soumis. J'etais encore bien content de m'en tirer a si bon marche. Et, effectivement, en un coin de la masure, se trouvait par hasard un tonneau defonce ou, sans doute a la vendange, les maitres de la vigne devaient faire cuver le mout. On m'attrape par le derriere et, paf! dans le tonneau. Me voila donc tout seul en pleine nuit, dans un tonneau, au fond d'une chaumiere en ruine! Je m'y blottis, pauvret! comme un Peloton de fil et, tout en attendant l'aube, je priais a voix basse pour eloigner les mauvais esprits. Mais figurez-vous que soudain j'entends, dans l'obscurite, quelque chose qui rodait, qui s'ebrouait, autour de ma tonne! Je retiens mon haleine comme si j'etais mort, en me recommandant a Dieu et a la grande Sainte Vierge... Et j'entendais tourner et retourner autour de moi, flairer et sabouler, puis s'en aller, puis revenir... Que diable est-ce la encore? Mon coeur battait et bruissait comme une horloge. Pour en finir, le jour commencait a blanchir et le pietinement qui m'effrayait s'etant eloigne un peu, je veux, tout doucement, epier par la bonde, et que vois-je? Un loup, mes bons amis, comme un petit ane! Un loup enorme avec deux yeux qui brillaient comme deux chandelles! Il etait, parait-il, venu a l'odeur de l'agneau, et, n'ayant trouve que les os, ma tendre chair d'enfant et de chretien lui faisait envie. Et, chose singuliere, une fois que je vis ce dont il s'agissait, n'est-il pas vrai que mon sang se calma legerement! J'avais tellement craint quelque apparition nocturne que la vue du loup lui-meme me rendit du courage. Ah ca ! dis-je, ce n'est pas tout : si cette bete vient a s'apercevoir que la tonne est defoncee, elle va sauter dedans et, d'un coup de dent, elle t'etrangle... Si tu pouvais trouver quelque stratageme... A un mouvement que je fis, le loup, qui l'entendit, revint d'un bond vers le tonneau, et le voila qui tourne autour et qui fouette les douves avec sa longue queue. Je passe ma menotte, doucement, par la bonde, je saisis la queue, je la tire en dedans et je l'empoigne des deux mains. Chapitre 1. —
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