As-tu vu les memoires de Frederic Mistral, son livre est en ligne!Frederic Mistral est ecrivain celebre qui a etudie et vecu un temps a Aix en Provence, il etait un poete celebre, un fervent defenseur de la culture de la langue en provence, vous pouvez le lire gratuitement, ces recits sont entrés dans le domaine public je n'ai pas de droit d'auteur a payer, habitant la provence aujourd'hui j'ai le plaisir de l editer sur ces pages web electronique et peut etre vous le faire connaitre et j'espere apprecier, bonne lecture!Titre du livre: Mes origines, memoires et recits de Frederic MistralChapitre 1. — Page precedente — — Page suivante — Mais, au gentil monastere de Saint-Michel-de-Frigolet, je n'eus pas le loisir d'user force papier. M. Donnat, notre maitre, pour un motif ou pour l'autre, ne residait pas dans son etablissement, et, quand le chat n'y est pas, comme il disait, les rats dansent. Pour queter des eleves ou se procurer de l'argent, il etait toujours en course. Mal payes, les professeurs avaient toujours quelque pretexte pour abreger la classe, et quand les parents venaient, souvent ils ne trouvaient personne. Ou sont donc les enfants? Tantot le long d'un gradin soutenant un terrain en pente, nous etions a reparer quelque mur en pierres seches. Tantot nous etions par les vignes ou a notre grande joie, nous glanions des grappillons ou cherchions des morilles. Tout cela n'amenait pas la confiance a notre maitre. De plus, le malheur etait que, pour grossir le pensionnat, M. Donnat prenait des enfants qui ne payaient rien ou pas grand'chose, et ce n'etaient pas ceux qui mangeaient le moins aux repas. Mais un drole d'incident precipita la deconfiture. Nous avions pour cuisinier, je l'ai deja dit, un negre et pour domestique femme, une Tarasconaise, qui etait, dans la maison, la seule de son sexe. (Je ne compte pas la mere de notre principal, qui avait au moins soixante-dix ans.) Or, on sait que le diable ne perd jamais son temps, notre fille de service, un jour, comme on dit ici, se trouva "embarrassee", et ce fut, dans le pensionnat, un esclandre epouvantable. Qui disait que la maritorne etait grosse du fait de M. Donnat lui-meme, qui affirmait qu'elle l'etait du professeur d'humanites, qui de l'abbe Talon, qui du maitre d'etudes. Bref, en fin de compte, la charge fut mise sur le dos du negre. Celui-ci, qui se sentait peut-etre suspect a bon droit, soit par colere, soit par peur, fit son sac, et parfit; et la Tarasconaise, qui avait garde son secret, deguerpit, a son tour, pour aller deposer son faix. Ce fut le signal de la debandade; plus de cuisinier, plus de brouet pour nous; les professeurs, l'un apres l'autre, nous laisserent sur nos dents. M. Donnat avait disparu. Sa mere, la pauvre vieille, nous fit, quelques jours encore, bouillir des pommes de terre. Puis, son pere, un matin, nous dit : Mes enfants, il n'y a plus rien pour vous faire manger : il faut retourner chez vous. Et soudain, comme un troupeau de cabris en sevrage qu'on elargit du bercail, nous allames, en courant, avant de nous separer, arracher des touffes de thym sur la colline, pour emporter un souvenir de notre beau quartier du ‘Thym (1). Puis, avec nos petits paquets, quatre a quatre, six a six, qui en amont, qui en aval, nous nous eparpillames dans les vallons et les sentiers, mais non sans retourner la tete, ni sans regret a la descente. Chapitre 1. —
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