As-tu vu les memoires de Frederic Mistral, son livre est en ligne!Frederic Mistral est ecrivain celebre qui a etudie et vecu un temps a Aix en Provence, il etait un poete celebre, un fervent defenseur de la culture de la langue en provence, vous pouvez le lire gratuitement, ces recits sont entrés dans le domaine public je n'ai pas de droit d'auteur a payer, habitant la provence aujourd'hui j'ai le plaisir de l editer sur ces pages web electronique et peut etre vous le faire connaitre et j'espere apprecier, bonne lecture!Titre du livre: Mes origines, memoires et recits de Frederic MistralChapitre 1. — Page precedente — — Page suivante — CHAPITRE VI CHEZ MONSIEUR MILLET L'oncle Benoni La farandole au cimetiere. Le voyage en Avignon. Avignon il y a cinquante ans. Le maitre de pension. Le siege de Caderousse. La premiere communion. Mlle Praxede. Pelerinage de Saint-Gent. Au college Royal. Le poete Jasmin. La nostalgie de mes quatorze ans. Et, alors, il fallut me chercher une autre ecole pas trop eloignee de Maillane, ni de trop haute condition, car nous autres campagnards, nous n'etions pas orgueilleux et l'on me mit en Avignon chez un M. Millet, qui tenait pensionnat dans la rue Petramale. Cette fois, c'est l'oncle Benoni qui conduisit la voiture. Bien que Maillane ne soit qu'a trois lieues d'Avignon, a cette epoque ou le chemin de fer n'existait pas, ou les routes etaient abimees par le roulage et ou il fallait passer avec un bac le large lit de la Durance, le voyage d'Avignon etait encore une affaire. Trois de mes tantes, avec ma mere, l'oncle Benoni et moi, tous gites sur un long drap plein de paille d'avoine qui rembourrait la charrette, nous partimes en caravane apres le lever du soleil. J'ai dit "trois de mes tantes". Il en est peu, en effet, qui se soient vu, a la fois, autant de tantes que moi; j'en avais bien une douzaine; d'abord, la grand'Mistrale, puis la tante Jeanneton, la tante Madelon, la tante Veronique, la tante Poulinette et la tante Bourdette, la tante Francoise, la tante Marie, la tante Rion, la tante Therese, la tante Melanie et la tante Lisa. Tout ce monde, aujourd'hui, est mort et enterre; mais j'aime a redire ici les noms de ces bonnes femmes que j'ai vues circuler, comme autant de bonnes fees, chacune avec son allure, autour de mon berceau. Ajoutez a mes tantes le meme nombre d'oncles et les cousins et cousines qui en avaient essaime, et vous aurez une idee de notre parentage. L'oncle Benoni etait un frere de ma mere et le plus jeune de la lignee. Brun, maigre, delie, il avait le nez retrousse et deux yeux noirs comme du jais. Arpenteur de son etat, il passait pour paresseux, et meme il s'en vantait. Mais il avait trois passions : la danse, la musique et la plaisanterie. Il n'y avait pas, dans Maillane, de plus charmant danseur, ni de plus jovial. Quand, dans "la salle verte", a la Saint-Eloi ou a la Sainte-Agathe, il faisait la contredanse avec Jesette le lutteur, les gens, pour lui voir battre les ailes de pigeon, se pressaient a l'entour. Il jouait, plus ou moins bien, de toutes sortes d'instruments : violon, basson, cor, clarinette; mais c'est au galoubet qu'il s'etait adonne le plus. Il n'avait pas son pareil, au temps de sa jeunesse, pour donner des aubades aux belles ou pour chanter des reveillons dans les nuits du mois de mai. Et, chaque fois qu'il y avait un pelerinage a faire, a Notre-Dame-de-Lumiere, a Saint-Gent, a Vaucluse ou aux Saintes-Maries, qui en etait le boute-en-train et qui conduisait la charrette? Benoni, toujours dispos et toujours enchante de laisser son labeur, son equerre et sa maison pour aller courir le pays. Chapitre 1. —
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