As-tu vu les memoires de Frederic Mistral, son livre est en ligne!Frederic Mistral est ecrivain celebre qui a etudie et vecu un temps a Aix en Provence, il etait un poete celebre, un fervent defenseur de la culture de la langue en provence, vous pouvez le lire gratuitement, ces recits sont entrés dans le domaine public je n'ai pas de droit d'auteur a payer, habitant la provence aujourd'hui j'ai le plaisir de l editer sur ces pages web electronique et peut etre vous le faire connaitre et j'espere apprecier, bonne lecture!Titre du livre: Mes origines, memoires et recits de Frederic MistralChapitre 1. — Page precedente — — Page suivante — Et l'on voyait des charretees de quinze ou vingt fillettes qui partaient en chantant : _A l'honneur de saint Gent_. Ou _Alix, ma bonne amie, Il est temps de quitter Le monde et ses intrigues, Avec ses vanites_. Ou bien : _Les trois Maries, Parties avant le jour, S'en vont adorer le Seigneur_. Avec mon oncle, assis sur le brancard de la charrette, qui les accompagnait avec son galoubet, et chatouille-toi et chatouille-moi, en avant les caresses, les rires et les cris tout le long du chemin! Seulement, dans la tete, il s'etait mis une idee assez extraordinaire : c'etait, en se mariant, de prendre une fille noble. Mais les filles nobles, lui objectait-on, veulent epouser des nobles, et jamais tu n'en trouveras. He ! ripostait Benoni, ne sommes-nous pas nobles, tous, dans la famille? Croyez-vous que nous sommes des manants comme vous autres? Notre aieul etait emigre; il portait le manteau double de velours rouge, les boudes a ses souliers, les bas de soie. Il fit tant, tourna tant, que, du cote de Carpentras, il entendit dire, un jour, qu'il y avait une famille de noblesse authentique, mais a peu pres ruinee, ou se trouvaient sept filles, toutes a marier. Le pere, un dissipateur, vendait un morceau de terre tous les ans a son fermier, qui finit meme par attraper le chateau. Mon brave oncle Benoni s'attifa, se presenta, et l'ainee des demoiselles, une fille de marquis et de commandeur de Malte, qui se voyait en passe de coiffer sainte Catherine, se decida a l'epouser. C'est sur la donnee de ces nobles comtadins, tombes dans la roture, qu'un romancier Carpentrassien, Henri de la Madeleine, a fait son joli roman : la _Fin du Marquisat d'Aurel_. (Paris, Charpentier, 1878.) J'ai dit que mon oncle etait paresseux. Quand, vers milieu du jour, il allait a son jardin, pour becher ou reterser, il portait toujours son fluteau. Bientot, il jetait son outil, allait s'asseoir a l'ombre et essayait un rigaudon. Les filles qui travaillaient dans les champs d'alentour accouraient vite a la musique et, aussitot, il leur faisait danser la saltarelle. Chapitre 1. —
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