As-tu vu les memoires de Frederic Mistral, son livre est en ligne!Frederic Mistral est ecrivain celebre qui a etudie et vecu un temps a Aix en Provence, il etait un poete celebre, un fervent defenseur de la culture de la langue en provence, vous pouvez le lire gratuitement, ces recits sont entrés dans le domaine public je n'ai pas de droit d'auteur a payer, habitant la provence aujourd'hui j'ai le plaisir de l editer sur ces pages web electronique et peut etre vous le faire connaitre et j'espere apprecier, bonne lecture!Titre du livre: Mes origines, memoires et recits de Frederic MistralChapitre 1. — Page precedente — — Page suivante — En hiver, rarement il se levait avant midi. Eh! disait-il, bien blotti, bien chaud dans votre lit, ou pouvez-vous etre mieux? Mais, lui disions-nous, mon oncle, ne vous y ennuyez-vous pas? Oh! jamais. Quand j'ai sommeil, je dors; quand je n'ai plus sommeil, je dis des psaumes pour les morts. Et, chose singuliere, cet homme guilleret ne manquait pas un enterrement. Apres la ceremonie, il demeurait toujours le dernier au cimetiere, d'ou il s'en revenait seul, en priant pour les siens et pour les autres, ce qui ne l'empechait pas de repeter, chaque fois, cette bouffonnerie : Un de plus, charrie a la Cite du Saint-Repos! Il dut bien, a son tour, y aller aussi. Il avait quatre-vingt-trois ans, et le docteur, ayant laisse entendre a la famille qu'il n'y avait plus rien a faire : Bah! repondit Benoni, a quoi bon s'effrayer! il n'en mourra que plus malade. Et, comme il avait son fluteau sur sa table de nuit : Que faites-vous de ce fifre-la , mon oncle? lui demandai-je, un jour que je venais le voir. Ces nigauds, me dit-il, m'avaient donne une sonnette pour que je la remue quand j'aurais besoin de tisane. Ne vaut-il pas mieux mon fifre? Sitot que je veux boire, au lieu d'appeler ou de sonner, je prends mon fifre et je joue un air. Si bien qu'il mourut son fluteau en main, et qu'on le lui mit dans son cercueil, chose qui donna lieu, le lendemain de sa mort, a l'histoire que voici : A la filature de soie, ou allaient travailler les filles de Maillane, le lendemain du jour ou l'oncle fut mis en terre, une jeune luronne, le matin, en entrant, fit d'un air effare, aux autres jeunes filles : Vous n'avez rien entendu, fillettes, cette nuit? Non, le mistral seulement... et le chant de la chouette... Oh! ecoutez : nous autres, mes belles, qui habitons du cote du cimetiere, nous n'avons pas ferme l'oeil. Figurez- vous qu'a minuit sonnant, le vieux Benoni a pris son fluteau (qu'on avait mis dans son cercueil) ; il est sorti de sa fosse et s'est mis a jouer une farandole endiablee. Tous les morts se sont leves, ont porte leurs cercueils au milieu du Grand Clos, les ont, pour se chauffer, allumes au feu Saint-Elme, et ensuite, au rigaudon que jouait Benoni, ils ont danse un branle fou, autour du feu, jusqu'a l'aurore. Chapitre 1. —
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