As-tu vu les memoires de Frederic Mistral, son livre est en ligne!Frederic Mistral est ecrivain celebre qui a etudie et vecu un temps a Aix en Provence, il etait un poete celebre, un fervent defenseur de la culture de la langue en provence, vous pouvez le lire gratuitement, ces recits sont entrés dans le domaine public je n'ai pas de droit d'auteur a payer, habitant la provence aujourd'hui j'ai le plaisir de l editer sur ces pages web electronique et peut etre vous le faire connaitre et j'espere apprecier, bonne lecture!Titre du livre: Mes origines, memoires et recits de Frederic MistralChapitre 1. — Page precedente — — Page suivante — Quoi qu'il se fit, pourtant, pour me detourner de mon naturel, comme on ne fait que trop, aujourd'hui plus que jamais, aux enfants du Midi, je ne pouvais me sevrer des souvenances de ma langue, et tout m'y ramenait. Une fois, ayant lu, dans je ne sais plus quel journal, ces vers de Jasmin a Loisa Puget : _Quand dins l'aire Per nous plaire Sones l'aire _De tas nouvellos causous, Sus la terro tout s'amaiso, Tout se taiso, Al refrin que fas souna : Mai d'un cop se derebelho E fremis coumo la felho Qu'un vent fres lai frissouna._ Et voyant que ma langue avait encore des poetes qui la mettaient en gloire, pris d'un bel enthousiasme, je fis aussitot, pour le celebre perruquier, une piecette admirative qui commencait ainsi : _Poueto, ounour de ta maire Gascougno_. Mais, petit criquet, je n'eus pas de reponse. Je sais bien que mes vers, pauvres vers d'apprenti, n'en meritaient guere; cependant, pourquoi le nier? ce dedain me fut sensible; et plus tard, a mon tour, quand j'ai recu des lettres de tout pauvre venant, me rappelant ma deconvenue, je me suis fait un devoir de les bien accueillir toujours. Vers l'age de quatorze ans, ce regret de mes champs et de ma langue provencale, qui ne m'avait jamais quitte, finit par me jeter dans une nostalgie profonde. "Combien sont plus heureux, me disais-je a part moi, comme l'Enfant Prodigue, les valets et les bergers de notre Mas, la -bas, qui mangent le bon pain que ma mere leur apprete, et mes amis d'enfance, les camarades de Maillane, qui vivent libres a la campagne et labourent, et moissonnent, et vendangent, et olivent, sous le saint soleil de Dieu, tandis que je me cheme, moi, entre quatre murs, sur des versions et sur des themes!" Et mon chagrin se melangeait d'un violent degout pour ce monde factice ou j'etais claquemure et d'une attraction vers un vague ideal que je voyais bleuir dans le lointain, a l'horizon. Or, voici qu'un jour, en lisant, je crois, le _Magasin des Familles_, je vais tomber sur une page ou etait la description de la chartreuse de Valbonne et de la vie contemplative et silencieuse des Chartreux. N'est-il pas vrai, lecteur, que je me monte la tete, et, m'echappant du pensionnat, par une belle apres-midi, je pars, tout seul, eperdument, prenant, le long du Rhone la route du Pont-Saint-Esprit, car je savais que Vaibonne n'en etait pas eloigne. Chapitre 1. —
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