As-tu vu les memoires de Frederic Mistral, son livre est en ligne!Frederic Mistral est ecrivain celebre qui a etudie et vecu un temps a Aix en Provence, il etait un poete celebre, un fervent defenseur de la culture de la langue en provence, vous pouvez le lire gratuitement, ces recits sont entrés dans le domaine public je n'ai pas de droit d'auteur a payer, habitant la provence aujourd'hui j'ai le plaisir de l editer sur ces pages web electronique et peut etre vous le faire connaitre et j'espere apprecier, bonne lecture!Titre du livre: Mes origines, memoires et recits de Frederic MistralChapitre 1. — Page precedente — — Page suivante — M. Dupuy etait le frere de ce ChArles Dupuy, mort depute de la Drome, auteur du _Petit Papillon_, un des morceaux delicats de notre anthologie provencale moderne. Lui, le cadet Dupuy, rimait aussi en provencal, mais ne s'en vantait pas, et il avait raison. Voici que, quelque temps apres, il nous arriva de Nyons un jeune professeur a fine barbe noire, qui etait de Saint Rémy. On l'appelait Joseph Roumanille. Comme nous etions pays, Mailane et Saint Rémy sont du meme canton, et que nos parents, tous cultivateurs, se connaissaient de, longue date, nous fumes bientot lies. Neanmoins, j'ignorais que le Saint Rémyen s'occupait, lui aussi, de poesie provencale. Et, le dimanche, on nous menait, pour la messe et les vepres, a l'eglise des Carmes. La , on nous faisait mettre derriere le maitre-autel, dans les stalles du choeur, et, de nos voix jeunettes, nous y accompagnions les chantres du lutrin : parmi lesquels Denis Cassan, autre poete provencal, on ne peut plus populaire dans les veillees du quartier, et que nous voyions en surplis, avec son air falot, son flegme, sa tete chauve, entonner les antiennes et les hymnes. La rue ou il demeurait porte, aujourd'hui, son nom. Or, un dimanche, pendant que l'on chantait vepres, il me vint dans l'idee de traduire en vers provencaux les _Psaumes de la Penitence_, et, alors, en tapinois, dans mon livre entr'ouvert, j'ecrivais a mesure, avec un bout de crayon, les quatrains de ma version : _Que l'isop bagne ma caro, Sarai pur : lavas-me leu E vendrai pu blanc encaro Que la tafo de la neu_. Mais M. Roumanille, qui etait le surveillant, vient par derriere, saisit le papier ou j'ecrivais, le lit, puis le fait lire au prudent M. Dupuy, qui fut, parait-il, d'avis de ne pas me contrarier; et, apres vepres, quand, autour des remparts d'Avignon, nous allions a la promenade, il m'interpella en ces termes : De cette facon, mon petit Mistral, tu t'amuses a faire des vers provencaux? Oui, quelquefois, lui repondis-je. Et Roumanille, d'une voix sympathique et bien timbree, me recita les Deux Agneaux : _Entendes pas l'agneu que belo? Ves-lou que cour apres l'enfant... Coume fan ben tout co que fan! E l'innoucenci, ccnnme es bello! Chapitre 1. —
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