As-tu vu les memoires de Frederic Mistral, son livre est en ligne!Frederic Mistral est ecrivain celebre qui a etudie et vecu un temps a Aix en Provence, il etait un poete celebre, un fervent defenseur de la culture de la langue en provence, vous pouvez le lire gratuitement, ces recits sont entrés dans le domaine public je n'ai pas de droit d'auteur a payer, habitant la provence aujourd'hui j'ai le plaisir de l editer sur ces pages web electronique et peut etre vous le faire connaitre et j'espere apprecier, bonne lecture!Titre du livre: Mes origines, memoires et recits de Frederic MistralChapitre 1. — Page precedente — — Page suivante — Mais ce qui frappait le plus, c'etaient les Penitents, qui faisaient leurs sorties apres le coucher du soleil, a la clarte des flambeaux. Les Penitents Blancs, entre autres, lorsque, encapuchonnes de leurs capuces et cagoules, ils deifiaient pas a pas, comme des spectres, par la ville, portant a bras, les uns des tabernacles portatifs, les autres des reliquaires ou des bustes barbus, d'autres des brule-parfums, ceux-ci un oeil enorme dans un triangle, ceux-la un grand serpent entortille autour d'un arbre, vous auriez dit la procession indienne de Brahma. Contemporaines de la Ligue et meme du Schisme d'Occident, ces confreries, en general, avaient pour chefs et dignitaires les premiers nobles d'Avignon, et Aubanel le grand felibre, qui avait, toute sa vie, ete Penitent Blanc zele, fut, a sa mort, enseveli dans son froc de confrere. Nous avions, chez M. Dupuy, comme maitre d'etude, un ancien sergent d'Afrique appele M. Monnier, qui aurait bien ete, nous disait-il, penitent rouge, si une confrerie de cette couleur-la eut existe dans Avignon. Franc comme un vieux soldat, brusque et prompt a sacrer, il etait, avec sa moustache et sa barbiche reche, toujours, de pied en cap, cire et astique. Au College Royal, ou nous apprenions l'histoire, il n'etait jamais question de la politique du siecle. Mais le sergent Monnier, republicain enthousiaste, s'etait, a cet egard, charge de nous instruire. Pendant les recreations, il se promenait de long en large, tenant en main l'histoire de la Revolution. Et s'enflammant a la lecture, gesticulant, sacrant et pleurant d'enthousiasme : "Que c'est beau! nous criait-il, que c'est beau! quels hommes! Camille Desmoulins, Mirabeau, Bailly, Vergniaud, Danton, Saint-Just, Boissy-d'Anglas! nous sommes des vermisseaux aujourd'hui, nom de Dieu, a cote des geants de la Convention nationale!" "Quelque chose de beau, tes geants conventionnels!" lui repondait Roumanille, quand parfois il se trouvait la , "des coupeurs de tetes! des traineurs de crucifix! des monstres denatures, qui se mangeaient les uns les autres et que, lorsqu'il les voulut, Bonaparte acheta comme pourceaux en foire!" Et ainsi, chaque fois, de se houspiller tous deux, jusqu'a ce que le bon Mathieu, avec quelque calembredaine, vint les reconcilier. Bref, un jour poussant l'autre, ce fut dans ce milieu bonasse et familier qu'au mois d'aout de l'annee 1847 je terminai mes etudes. Roumanille, pour accroitre ses petits emoluments etait entre comme prote a l'imprimerie Seguin; et, grace a cet emploi, il imprimait la , a peu de frais, son premier recueil de vers, les _Paquerettes_, dont il nous regalait delicieusement, lorsqu'il en voyait les epreuves; et gai comme un poulain, comme un jeune poulain qu'on elargit et met au vert, je m'en revins a notre Mas. Chapitre 1. —
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