As-tu vu les memoires de Frederic Mistral, son livre est en ligne!Frederic Mistral est ecrivain celebre qui a etudie et vecu un temps a Aix en Provence, il etait un poete celebre, un fervent defenseur de la culture de la langue en provence, vous pouvez le lire gratuitement, ces recits sont entrés dans le domaine public je n'ai pas de droit d'auteur a payer, habitant la provence aujourd'hui j'ai le plaisir de l editer sur ces pages web electronique et peut etre vous le faire connaitre et j'espere apprecier, bonne lecture!Titre du livre: Mes origines, memoires et recits de Frederic MistralChapitre 1. — Page precedente — — Page suivante — CHAPITRE VIII COMMENT JE PASSAI BACHELIER Le voyage de Nimes. Le Petit Saint-Jean. Les jardiniers. Le Remontrant. L'explication du baccalaureat. Le retour aux champs. Les camarades du village. Les veillees. Les notaires de Mailiane. L'oncle Jerome. Eh bien, me dit mon pere, cette fois, as-tu acheve? J'ai acheve, repondis-je; seulement... il faudra que j'aille a Nimes pour passer bachelier, un pas assez difficile qui ne me laisse pas sans quelque apprehension. Marche, marche : nous autres, quand nous etions soldats, au siege de Figuieres, nous en avons passe, mon fils, de plus mauvais. Je me preparai donc pour le voyage de Nimes, ou, en ce temps, se faisaient les bacheliers. Ma mere me plia deux chemises repassees, avec mon habit des dimanches, dans un mouchoir a carreaux, pique de quatre epingles, bien proprement. Mon pere me donna, dans un petit sachet de toile, cent cinquante francs d'ecus, en me disant : Au moins prends garde de ne pas les perdre, ni de ne pas les gaspiller. Et je partis du Mas pour la ville de Nimes, mon petit paquet sous le bras, le chapeau sur l'oreille, un baton de vigne a la main. Quand j'arrivai a Nimes je rencontrai un gros d'ecoliers des environs qui venaient comme moi passer leur baccalaureat. Ils etaient, pour la plupart, accompagnes de leurs parents, beaux messieurs et belles dames, avec les poches pleines de recommandations : l'un avait une lettre pour le recteur, un autre pour l'inspecteur, un autre pour le prefet, celui-la pour le grand-vicaire, et tous se rengorgeaient et faisaient sonner le talon, avec un petit air de dire : "Nous sommes surs de notre affaire." Moi, petit campagnard, je n'etais pas plus gros qu'un pois, car je ne connaissais absolument personne; et tout mon recours, pauvret, etait de dire a part quelque priere a saint Baudile, qui est le patron de Nimes (j'avais, etant enfant, porte son cordon votif), pour qu'il mit dans le coeur des examinateurs un peu de bonte pour moi. On nous enferma a l'Hotel de Ville, dans une grande salle nue, et la un vieux professeur nous dicta, d'un ton nasillard, une version latine, apres quoi, humant une prise, il nous dit : Messieurs, vous avez une heure pour traduire en francais la dictee que je vous ai faite... Maintenant, debrouillez- vous. Chapitre 1. —
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