As-tu vu les memoires de Frederic Mistral, son livre est en ligne!Frederic Mistral est ecrivain celebre qui a etudie et vecu un temps a Aix en Provence, il etait un poete celebre, un fervent defenseur de la culture de la langue en provence, vous pouvez le lire gratuitement, ces recits sont entrés dans le domaine public je n'ai pas de droit d'auteur a payer, habitant la provence aujourd'hui j'ai le plaisir de l editer sur ces pages web electronique et peut etre vous le faire connaitre et j'espere apprecier, bonne lecture!Titre du livre: Mes origines, memoires et recits de Frederic MistralChapitre 1. — Page precedente — — Page suivante — Et, dare-dare pleins d'ardeur, nous nous mimes a l'oeuvre; a coups de dictionnaire, le grimoire latin fut epluche; puis a l'heure sonnante, notre vieux priseur de tabac ramassa les versions de tous et nous ouvrit la porte en disant : A demain! Ce fut la premiere epreuve. Messieurs les ecoliers s'eparpillerent par la ville et je me trouvai seul, avec mon petit paquet et mon baton de vigne en main, sur le pave de Nimes, a bayer autour des Arenes et de la Maison-Carree. "Il faut pourtant, me dis-je, penser a se loger", et je me mis en quete d'une auberge pas trop chere, mais neanmoins sortable; et, comme j'avais le temps, je fis dix fois peut-etre, en guignant les enseignes, le tour de la ville de Nimes. Mais les hotels, avec leurs larbins en habit noir, qui, de cinquante pas, avalent l'air de me toiser, et les salamalecs et facons du grand monde, tout cela me tenait en crainte. Comme je passais au faubourg, j'apercus une enseigne avec cette inscription : _Au Petit Saint-Jean_. Ce _Petit Saint-Jean_ me remplit d'aise. Il me sembla soudain etre en pays de connaissance. Saint-Jean est, en effet, un saint qui parait de chez nous. Saint Jean amene la moisson, nous avons les feux de Saint-Jean, il y a l'herbe de Saint-Jean, les pommes de Saint-Jean... Et j'entrai au _Petit Saint-Jean_... J'avais devine juste. Dans la cour de l'auberge, il y avait des charrettes bachees, des camions deteles et des groupes de Provencales qui babillaient et riaient. Je me glissai dans la salle et m'assis a table. La salle etait deja pleine, et la grande table aussi, rien que des jardiniers : maraichers de Saint-Remy, de Chateau-Renard, de Barbentane, qui se connaissaient tous, car ils venaient au marche une fois par semaine. Et de quoi parlait-on? Rien que du jardinage. O Benezet, combien as-tu vendu tes aubergines? Mon cher, je n'ai pas reussi : il y en avait abondance : j'ai du les laisser a vil prix. Et la graine de porreau, qu'en dit-on? Elle se vendra, parait-il; il court des bruits de guerre et l'on m'a assure qu'on en faisait de la poudre. Et les haricots "quarantains"? Chapitre 1. —
Page precedente —
— Page suivante —
|