As-tu vu les memoires de Frederic Mistral, son livre est en ligne!Frederic Mistral est ecrivain celebre qui a etudie et vecu un temps a Aix en Provence, il etait un poete celebre, un fervent defenseur de la culture de la langue en provence, vous pouvez le lire gratuitement, ces recits sont entrés dans le domaine public je n'ai pas de droit d'auteur a payer, habitant la provence aujourd'hui j'ai le plaisir de l editer sur ces pages web electronique et peut etre vous le faire connaitre et j'espere apprecier, bonne lecture!Titre du livre: Mes origines, memoires et recits de Frederic MistralChapitre 1. — Page precedente — — Page suivante — Si l'on pouvait, disaient les gens, savoir qui est-ce qui revient, en faisant prier pour elle, la pauvre ame, bien sur, entrerait en repos. Eh! fit la grosse Alarde, qui voulez-vous que ce soit? ce ne peut etre que Claudillon... Le pauvre Claudillon, n ayant pas laisse d'enfants, n'aura pas eu de service, et l'ame du defunt certainement doit etre en peine. C'est cela, conclut-on, Claudillon doit etre en peine. Et aussitot les femmes, entre voisines et liard a liard ramasserent de quoi faire dire une messe au pauvre Claudillon. Le pretre dit la messe ; il fit pour Claudillon les prieres voulues, et quelques Maillanais de bonne volonte retournerent voir, la nuit, s'il y avait toujours hantise. Hantise de plus en plus : c'etait un remuement de papiers, de parchemins, qui faisait dresser les cheveux! et chacun ajoutait la sienne : au haut de l'escalier on avait trouve une botte, une botte toute ciree : d'autres avaient apercu, par le trou de l'evier, un spectre entoure de flammes qui descendait de la cheminee ! Isabeau la boisseliere conta que le matin, en faisant la chasse aux puces, elle trouvait sur son corps des bleus qui sont des pincons des morts; et Nanon de la Veuve assurait que, la nuit, on l'avait tiree par les pieds. Les hommes, le dimanche, pres du puits de la Place, s'entretenaient tous de la chose et disaient: Claudillon, le pauvre Claudillon, etait pourtant un brave homme : il n'est pas croyable que ce soit lui. Mais alors qui serait-ce? Le grand ChArles, un pince-sans-rire que tout le monde respectait, car il les dominait tous, autant par la stature de son corps de geant, que par l'aplomb de sa parole, dit apres avoir tousse : N'est-ce pas clair? Du moment qu'on remue des papiers, ce doit etre des notaires. Tout le monde s'ecria : Le grand ChArles a raison, ce doit etre des notaires puisqu'ils remuent des papiers : et tenez, ajouta le vieux Maitre Ferrut, je m'en souviens maintenant, cette maison s'etait vendue, dans ma jeunesse, au tribunal; elle venait d'un heritage ou l'on avait plaide, vingt ans peut-etre, a Tarascon; et tant gratterent les notaires, les avocats, les procureurs, que ma, foi, tout se mangea... Parbleu, ces gens doivent bruler comme des chaufferettes; et rien d'etonnant qu'ils reviennent fureter dans les actes et les ecrits qu'ils ont passes. Chapitre 1. —
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