As-tu vu les memoires de Frederic Mistral, son livre est en ligne!Frederic Mistral est ecrivain celebre qui a etudie et vecu un temps a Aix en Provence, il etait un poete celebre, un fervent defenseur de la culture de la langue en provence, vous pouvez le lire gratuitement, ces recits sont entrés dans le domaine public je n'ai pas de droit d'auteur a payer, habitant la provence aujourd'hui j'ai le plaisir de l editer sur ces pages web electronique et peut etre vous le faire connaitre et j'espere apprecier, bonne lecture!Titre du livre: Mes origines, memoires et recits de Frederic MistralChapitre 1. — Page precedente — — Page suivante — Ce sont des notaires! ce sont des notaires! L'on n'entendait plus que cela dans les rues de Maillane. Les Maillanais n'en dormaient plus et, lorsqu'ils en parlaient, en avaient la chair de poule. Ha! nous le verrons bien, si ce sont des notaires! dit flegmatiquement M. Jerome le moulinier de soie. Feu mon oncle Jerome avait servi dans les Dragons ou il fut brigadier, au temps de Bonaparte, et il portait fierement au haut du nez, la glorieuse balafre d'un beau coup de bancal qu'un hussard allemand, a la bataille d'Austerlitz, ne lui donna pas pour rire. Accule pres d'un mur, il s'etait defendu seul contre vingt cavaliers qui le sabraient, jusqu'a ce qu'il tombat, la face coupee en deux par un revers de lame. Ce fait lui avait valu une pension de sept sous par jour, dont il avait tout juste pour le tabac qu'il prisait. Il etait, cet oncle Jerome, le plus fameux chasseur a la pipee que j'aie connu. Peu lui importaient les affaires, la famille, le negoce : quand venait la saison, tous les matins, il partait en chasse. Sa pincette dans une main, portant sur les epaules la grande cage de verdure sous laquelle il se cachait, lorsqu'il traversait des chaumes, on aurait dit un arbre en marche. Et il ne revenait jamais sans avoir attrape trois ou quatre douzaines de culs-blancs ronds de graisse, dont il se regalait avec M. Chabert, ancien chirurgien de l'armee d'Espagne, qui avait vu Madrid avec le roi Joseph. On debouchait alors le vin de Frigolet et, nargue du souci, ils buvaient a la sante des Espagnoles et des Hongroises. Mais bref, M. Jerome chargea ses pistolets et, tranquille comme quand il allait a la pipee, il vint, a la nuit close, se blottir dans la maison du pauvre Claudillon. Muni d'une lanterne sourde, qu'il recouvrit de son manteau, il s'etendit la sur deux chaises, attendant que les "notaires" remuassent leurs papiers. Tout a coup, frou-frou! cra-cra! voila les papiers qui se froissent, et que voit-il? deux rats, deux gros rats qui s'enfuient la -haut sous la soupente. Car dans cette maison, comme on en voit dans beaucoup d'autres, il y avait, pour recouvrir l'escalier, une soupente. M. Jerome monta sur une chaise, et sur le plancher du reduit trouva tout bonnement des feuilles de vigne seches. Le pauvre Claudillon, avant que de mourir, avait, parait-il, rentre ses raisins et les avait etendus sur les ais de la soupente, en un lit de feuilles de vigne. Lorsqu'il fut mort, les rats mangerent les raisins et, les raisins finis, ces lurons, toutes les nuits, venaient fureter sous les feuilles, pour y ronger les grains qu'il pouvait y avoir encore. Chapitre 1. —
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