As-tu vu les memoires de Frederic Mistral, son livre est en ligne!Frederic Mistral est ecrivain celebre qui a etudie et vecu un temps a Aix en Provence, il etait un poete celebre, un fervent defenseur de la culture de la langue en provence, vous pouvez le lire gratuitement, ces recits sont entrés dans le domaine public je n'ai pas de droit d'auteur a payer, habitant la provence aujourd'hui j'ai le plaisir de l editer sur ces pages web electronique et peut etre vous le faire connaitre et j'espere apprecier, bonne lecture!Titre du livre: Mes origines, memoires et recits de Frederic MistralChapitre 1. — Page precedente — — Page suivante — Je ne sais pas, lui repondais-je. Quand tu viendras encore, mignon, apporte-m'en quelqu'une. Et j'oubliais toujours de faire la commission, et toujours dame Riquelle, en me voyant passer, me parlait de ces pommes, si bien qu'a la fin je dis a mon pere : Il y a la vieille Riquelle qui toujours me demande de lui porter des _pommes rouges_. La sacree vieille masque! me grommela mon pere, lorsqu'elle t'en parlera encore, dis-lui : "Elles ne sont pas mures, ni a present, ni de longtemps." Et ensuite quand la vieille me reclama ses pommes rouges : Mon pere, lui criai-je, m'a dit qu'elles n'etaient pas mures, ni a present, ni de longtemps. Et Riquelle, a partir de la , ne me parla plus de ses pommes. Mais le lendemain du jour ou l'on connut dans nos campagnes les journees de fevrier et la proclamation de la Republique, a Paris, en venant au village pour savoir les nouvelles, la premiere personne que je vis en arrivant fut la dame Riquelle. Et debout sur son seuil, requinquee, animee, avec une topaze qui scintillait a son doigt, elle me dit : Les pommes rouges sont donc mures cette fois! on dit qu'on va planter les arbres de la liberte? Nous allons en manger, mignon, de ces bonnes pommes du paradis terrestre... O sainte Marianne, moi qui croyais ne plus te voir! Frederic, mon enfant, fais-toi republicain! Mais lui dis-je, Riquelle, la belle bague que vous avez! Ha! fit-elle, tu peux le dire, qu'elle est belle, cette bague ! Tiens, je ne l'avais plus mise depuis que Bonaparte etait parti pour l'ile d'Elbe... C'est un ami que nous avions, un ami de la famille, qui me l'avait donnee, dans le temps (ah! quel temps) ou nous dansions la Carmagnole... Et, se prenant les jupes comme pour faire un pas de danse, la vieille dans sa maison rentra en crevant de rire. Mais, de retour au Mas, je racontai, tout en soupant, les nouvelles de Paris, et puis, comme en riant je rapportais le propos de la vieille Riquelle, mon pere gravement prit la parole et dit : Chapitre 1. —
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