As-tu vu les memoires de Frederic Mistral, son livre est en ligne!Frederic Mistral est ecrivain celebre qui a etudie et vecu un temps a Aix en Provence, il etait un poete celebre, un fervent defenseur de la culture de la langue en provence, vous pouvez le lire gratuitement, ces recits sont entrés dans le domaine public je n'ai pas de droit d'auteur a payer, habitant la provence aujourd'hui j'ai le plaisir de l editer sur ces pages web electronique et peut etre vous le faire connaitre et j'espere apprecier, bonne lecture!Titre du livre: Mes origines, memoires et recits de Frederic MistralChapitre 1. — Page precedente — — Page suivante — Dans un Mas rapproche du notre etait venue s'etablir une famille de la ville ou il y avait des demoiselles que nous rencontrions parfois en allant a la messe. Vers la fin de l'ete, ces jeunes filles, avec leur mere, nous firent une visite; et ma mere, avenante, leur offrit le "caille" Car nous avions, au Mas, un beau troupeau de brebis et du lait en abondance. C'etait ma mere elle-meme qui mettait la presure au lait, des qu'on venait de le traire, et elle-meme qui, quand le lait etait pris, faisait les petits fromages, ces jonchees du pays d'Arles que Belaud de la Belaudiere, le poete provencal de l'epoque des Valois, trouvait si bonnes : _A la ville des Baux, pour un florin vaillant, Vous avez un tablier plein de fromages Qui fondent au gosier comme sucre fin_. Ma mere, chaque jour, telle que les bergeres chantees par Virgile, portant sur la hanche la terrine pleine, venait dans le cellier avec son ecumoire, et la , tirant du pot a beaux flocons le caille blanc, elle en emplissait les formes percees de trous et rondes; et, apres les jonchees faites, elle les laissait proprement s'egoutter sur du jonc, que je me plaisais moi-meme a aller couper au bord des eaux. Et voila que nous mangeames, avec ces demoiselles, une jatte de caille. Et l'une d'elles, qui paraissait de mon age, et qui, par son visage, rappelait ces medailles qu'on trouve a Saint Rémy, au ravin des Antiques, avait de grands yeux noirs, des yeux langoureux, qui toujours me regardaient. On l'appelait Louise. Nous allames voir les paons, qui, dans l'aire, etalaient leur queue en arc-en-ciel, les abeilles et leurs ruches alignees a l'abri du vent, les agneaux qui belaient enfermes dans le bercail, le puits avec sa treille portee par des piliers de pierre; enfin tout ce qui, au Mas, pouvait les interesser. Louise, elle, semblait marcher dans l'extase. Quand nous fumes au jardin, dans le temps que ma mere causait avec la sienne et cueillait a ses soeurs quelques poires beurrees, nous nous etions, nous deux, assis sur le parapet de notre vieux Puits a roue. Il faut, soudain me fit Mlle Louise, que je vous dise ceci: ne vous souvient-il pas, monsieur, d'une petite robe, une robe de mousseline, que votre mere vous porta, quand vous etiez en pension a Saint-Michel-de-Frigolet? Mais oui, pour jouer un role dans les _Enfants d'Edouard_. Eh bien! cette robe, monsieur, c'etait ma robe. Mais ne vous l'a-t-on pas rendue? repondis-je comme un sot. Chapitre 1. —
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